Effets de bois, c’est l’entreprise créée par la pétillante Audrey, 28 ans. Basée en Isère, à Grenoble, Audrey a initialement suivi des études en lien avec l’environnement alpin et a validé un Master avant que son parcours ne prenne soudainement un tournant inattendu. 

Comment est né Effets de bois ?

J’ai toujours aimé effectuer des travaux manuels. En parallèle de mes études, j’avais toujours eu ce hobby de travailler des matériaux nobles : la pierre, le tissu, le métal aussi à moindre échelle. Et puis je voyais grossir l’industrie de l’ameublement et de la production à très grande échelle, qui enlève toute l’authenticité des meubles de nos maisons. De mon côté, j’ai toujours vécu avec les meubles de mes grands-parents, réalisés à la main avec un savoir-faire ancien, noble… et le mobilier d’aujourd’hui n’a pas ce caractère. 

Un jour, complètement par hasard, j’ai assisté à une conférence à la Chambre de commerce de Grenoble. Et là, j’ai reçu les clés qu’il me manquait en tant qu’étudiante : celles qui permettent de créer une entreprise ! 

À la croisée de tous ces éléments, j’ai réalisé qu’il y avait Effets de bois… 

Peux-tu nous dire quel est le cœur d’activité d’Effets de bois ? Que fais-tu au quotidien pour faire bouger les lignes ?

L’axe principal d’Effets de bois, c’est de proposer du mobilier artisanal et sur-mesure (et a fortiori unique), par rapport à ce qu’on peut trouver dans le tout-commerce. C’est aussi lui conférer un caractère durable, puisque la plupart des pièces sont en bois massif.

Mon objectif, c’est de créer des meubles fonctionnels et sobres, pour qu’ils durent dans le temps sans s’inscrire dans un « effet de mode » ou d’obsolescence due à la faible qualité des matériaux.

Comment présenterais-tu la « mission » d’Effets de bois ?

Je dirais qu’il s’agit d’arriver à concilier une consommation de mobilier — on en a tous besoin ! — avec des méthodes douces, et sans avoir forcément recours au tout-commerce et à la grande industrie de l’ameublement.

En fait, je me trouve à mi-chemin entre la grande consommation et l’artisanat d’art — ce que je ne fais pas.

Quelles sont tes valeurs ? Qu’est-ce qui te tient particulièrement à cœur ?

Par rapport à la matière brute, je tiens beaucoup à produire sans bois neuf ; on a suffisamment à faire avec des vieux bois chinés et locaux, ou encore le bois de palette, grande star du moment !

Ce qui compte pour moi, c’est de revaloriser ce bois de seconde main et le promouvoir dans son aspect durable et zéro déchet.

Le bois de palette — et plus largement le bois de la filière logistique — est considéré comme un déchet alors que les mêmes essences sont vendues par les scieries et les magasins de bricolage.

Il m’arrive aussi de relooker des meubles anciens, selon les demandes.

Quel message positif souhaites-tu partager à travers ce projet ?

Je me suis lancée dans une activité qui ne résonnait pas avec mes études et mon parcours initial. Elle relevait plus de mes hobbies et de ma passion, de la transmission aux autres aussi.

Souvent, on laisse sa passion de côté alors que c’est vecteur de plein de jolies choses. Beaucoup de personnes qui choisissent une réorientation professionnelle sont dans ce scénario, et auraient peut-être aimé oser plus tôt et plus naturellement.

J’ai fait 6 ans d’étude, mais ce n’est pas ça que je mets au premier plan quand je parle de moi.

D’où te vient cette activité-passion, justement ?

Le travail du bois, c’est une passion qui m’a été transmise par mon papa. Il n’en a pas fait son métier, et ç’a été un de ses grands regrets. Je pense que j’ai fait éponge de tout ça, et ça s’est traduit positivement aujourd’hui. Mon papa m’aide dans plein de projets pour Effets de bois, et on travaille tous les deux sur certains aspects de l’entreprise. 

Qu’as-tu envie de dire pour encourager chacun.e d’entre nous à construire une société plus durable ?

Pendant mon parcours d’étude, on a nous “appris” à prendre des décisions qui sont toujours en lien avec l’environnement et favorables pour l’environnement. 

Or, on se rend compte que dans la vie de tous les jours, on n’arrive pas à être dans le juste, l’éthique et le local tout le temps.

Il n’y a pas de mode d’emploi ; on a cinquante mille façons de consommer, il faut trouver celle qui nous correspond le mieux et que l’on peut se permettre.

Le bio, c’est bien, mais ce n’est pas à la portée de tous. À chacun.e de trouver le juste équilibre dans son quotidien, en fonction de ses possibilités, de sa culture. 

Peux-tu nous parler de tes projets pour l’année à venir ? 

De manière pragmatique, survivre ! Piloter une petite entreprise, c’est plein de stress et de questionnements. 2020 est une année très éprouvante… Mais des projets, il en faut, et il y en aura pour Effets de bois. 

Que proposes-tu pour les gens qui ont envie de s’initier au travail du bois ?

J’ai notamment mis en place des accompagnements à la création de meubles : l’idée, c’est de permettre à des gens qui n’ont pas forcément le local, les outils, la technique et la confiance de créer en sécurité avec moi, et de repartir avec leur création en bois. 

C’est souvent très satisfaisant pour quelqu’un d’arriver les mains vides, et de repartir avec sa création !

Pour finir, je te laisse le mot de la fin ! 

Les initiatives comme celle des bourgeons, je trouve ça vraiment excellent parce que personnellement, j’ai besoin d’avoir de la visibilité sur les réseaux, les sites, etc. Et c’est extrêmement difficile, et un métier à part entière ! D’une manière générale, adopter et faire adopter des modes de consommation plus doux et plus éthiques passe par l’information et l’apprentissage, les comportements s’en suivront. Merci Carole !


Merci à Audrey pour cet échange si riche et enthousiasmant. Discuter avec elle, c’est prendre un shot de bonne humeur pour la journée ! 

Vous pouvez découvrir les créations d’Audrey sur son site Effetsdebois, et la contacter pour vos projets personnels en lui laissant un petit mot