Maison Cala est une jeune marque de création de vêtements upcyclés, fondée entre Lyon et Grenoble par l’adorable Camille. 

Son credo : transformer des vêtements que l’on ne porte plus pour leur donner une nouvelle vie — avec une touche romantique à souhait !

Qui se cache derrière Maison Cala et comment en es-tu arrivée à te lancer ?

Je suis Camille, et j’ai 30 ans. Après avoir passé un bac L option Histoire de l’Art et Arts plastiques, j’ai suivi des études d’arts appliqués, un BTS en stylisme puis une licence pro en marketing et communication centrée sur l’industrie de la mode. J’ai toujours eu une fibre artistique, qui ne m’a jamais quittée ! Quand mon conjoint a trouvé du travail à Vienne, à côté de Lyon, je me suis dit que ce serait facile pour moi aussi ; sauf que je n’ai pas du tout réussi à trouver quelque chose dans mon domaine et dans mon secteur géographique.

J’ai travaillé pour différentes grandes enseignes de semi-luxe aux Galeries Lafayette. Cette expérience m’a permis de découvrir que j’aimais bien organiser ma petite boutique, mais pas du tout la pression qui allait avec. Quand je suis tombée enceinte, je me suis carapatée et extraite de cette ambiance. J’ai voulu retrouver un métier qui avait du sens pour moi ; ça m’avait écoeurée de pousser les gens à la consommation — des gens qui n’avaient pas forcément les moyens, en prime, de mettre leur argent dans des vêtements dont la qualité n’était pas toujours au rendez-vous. Après mon accouchement, j’ai travaillé en maison de retraite. J’ai été formée sur le tas et j’ai passé les concours ensuite, mais j’ai aussi compris que sur le long terme, ce n’était pas ce qui ce qui correspondait à ma vie de famille.

C’est précisément dans ce moment de flou professionnel que j’ai ressorti ma machine à coudre, et que je me suis remise à la couture. J’ai commencé à vendre quelques hauts à des collègues, puis une copine m’a carrément motivée pour réaliser un peu de communication. Ça m’a poussée à reprendre mes études en communication : j’ai obtenu un master marketing et communication en août 2019 ! Durant cette alternance, j’ai travaillé dans un univers inattendu : une centrale nucléaire en plein démantèlement. L’expérience a été riche en rencontres et missions, souvent ciblées sur le thème de l’écologie (oui oui !). Une fois que j’ai décroché mon diplôme, je me suis lancée avec Maison Cala : j’ai senti que c’était le bon moment pour moi. 

C’est drôle, parce que j’ai toujours eu envie de créer ma marque de vêtements, c’est un rêve qui ne m’a jamais quittée. Et j’ai beau avoir tenté d’autres choses, c’était toujours présent dans mon esprit !

Quel est ton cœur d’activité ? Que fais-tu au quotidien pour faire bouger les lignes à ton échelle ?

Je confectionne des vêtements upcyclés pour femmes. Quand je travaillais pour les enseignes de semi-luxe, j’ai réalisé qu’il y avait un souci : les vêtements étaient très chers, avec une qualité pas forcément au rendez-vous — à mon sens, et ils étaient confectionnés au bout du monde. Je savais que je voulais faire de la mode, mais pas n’importe comment. J’ai voulu le faire bien, avec mes convictions qui sont d’utiliser des matières qui existent déjà. J’allais chez Emmaüs pendant mes études : c’est une vraie mine d’or de tissus inexploités, de trésors enfouis, dont on peut faire des choses super sympa en faisant appel à sa créativité !

J’ai voulu remettre un peu d’humanité dans notre manière à tous de consommer. Et il faut vraiment prendre le sens large du terme “humanité” : ça englobe la population sur terre, l’environnement, l’éthique, mais aussi à toute petite échelle la relation de proximité avec les clients, les échanges et la personnalisation. Je pense qu’il faut vraiment que l’on reprenne cette habitude-là : il existe des groupes de créatrices — des nanas qui font tout : porte-clés, cadres, plateaux, des trucs super chouettes et sympas, bien faits, sans que l’on ait besoin d’aller dans de grandes enseignes pour cela. 

Quelle est la « mission » que tu te donnes avec Maison Cala ?

Mes valeurs sont vraiment l’humanité, la proximité, et renouer du lien. 

Il y a un énorme travail pédagogique à faire par rapport à l’industrie du vêtement. On est encore très peu à être sensibilisés sur ces questions, sur le temps que ça demande, sur les tarifs, etc. Toutes les marques éco-responsables devraient avoir pour mission d’expliquer pourquoi il est nécessaire et primordial de se tourner vers une manière de consommer qui n’est pas instinctive et intuitive.

Une grande partie de la population ne connaît pas autre chose que la consommation de masse, c’est un vrai problème. Certaines personnes disent ne pas avoir les moyens d’acheter une pièce artisanale à 70€, mais vont dépenser cette même somme dans plein de petits achats par ailleurs et dans la fast-fashion. On compare aussi souvent mes tarifs à ceux de grandes chaînes… Alors que mes produits n’ont strictement rien à voir en termes de rythme et de techniques de production.

Y a-t-il une citation inspirante qui t’accompagne au quotidien, ou qui t’a donné l’impulsion pour créer Maison Cala ?

En fait, ce sont surtout des petites choses qui m’ont motivée à me lancer : j’ai vu que certaines marques ont démarré très simplement sur Instagram, et aujourd’hui elles cartonnent. Je voyais à quel point c’était difficile mais en même temps, si certains y arrivent, pourquoi pas moi ? Ce qui m’a vraiment donné envie, ce sont toutes ces marques qui ont commencé avec — a priori — de modestes moyens, comme Songe Lab, VolajeByCat, Nalexthings ou Cot cot cousette. Ça m’a vraiment motivée. Et si j’ai créé Maison Cala, c’est parce que je ne retrouvais pas mon style dans les marques engagées et éthiques qui existaient déjà. Je voulais un style féminin et romantique, alors je l’ai conçu !

Quel message positif souhaites-tu délivrer et partager à travers ce projet ?

J’ai envie de remettre le quotidien et la vie de famille au cœur de nos vies et nous encourager à nous recentrer sur l’essentiel, sur notre vie de quartier, sur le local, sur ce qui est accessible là où l’on se trouve, etc. J’espère faire partie d’un mouvement qui nous apprend à consommer localement auprès d’entrepreneurs et d’artisans indépendants ; que cela devienne un réflexe, et nous permette de nous rencontrer.

Je sais que cela demande des efforts (étonnement !) mais j’y travaille moi-même en tentant par exemple de passer plus de temps chez le producteur du coin plutôt qu’à Carrefour — ce qui n’est pas évident quand on a la sensation de toujours manquer de temps.

Qu’as-tu envie de dire à chacun.e d’entre nous pour nous encourager à construire une société plus durable ?

Il ne faut pas se battre pour tout et rien ; il faut penser simplement. J’ai une ardoise dans ma cuisine qui vient de chez mes grands-parents, sur laquelle j’ai écrit une petite phrase : “Ce que tu donnes, tu ne le perds pas.” C’est une petite phrase, l’air de rien, qui m’aide bien au quotidien.

Récemment, j’en ai ajouté une autre au dos : “Simplicité, calme et bienveillance”. Parfois, dans le quotidien, je manque cruellement d’appliquer ces trois valeurs. Pourtant, si on part de ces trois mots et qu’on les applique chaque jour, c’est déjà une démarche engagée et favorable pour l’environnement : il faut faire ses choix à la source, avec bienveillance, essayer de consommer avec l’agriculteur du coin, choisir ses vêtements, ses cadeaux, sa déco, chez les artisans français. Chacun peut s’y retrouver et en fonction de ses affinités, choisir ses combats. 

Quels sont tes projets pour l’année à venir ? 

Déjà, j’ai un accouchement prévu pour le 25 décembre ! Forcément, ça va impacter un peu Maison Cala. Je vais essayer de ne pas trop me mettre la pression pour cette année, même si je l’ai forcément un peu. J’essaye tout le temps d’améliorer mon site, ma communication, mon image. Voilà un an que j’ai monté l’entreprise et le soutien de mes clientes et futures clientes va être déterminant sur le futur proche de Maison Cala…

Sinon, les 3 et 4 octobre 2020, je serai au Greener Festival (Lyon) et au Printemps des Docks (Lyon) les 20, 21 et 22 novembre 2020. Venez me rencontrer, voir les tenues en vrai et les essayer !

Chez Maison Cala, les pièces sont personnalisables en fonction des stocks de tissus disponibles : n’hésitez pas à contacter Camille si certaines pièces ne sont pas à la bonne taille ou que vous souhaitez ajouter un détail ou une broderie, elle sera ravie d’échanger avec vous ! 

Son contact : maisoncala@gmail.com

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